usine 1000vaches

 

Prenez 20 fermes de 50 vaches (la moyenne en France), et leurs 42 paysans (2,1 par ferme en moyenne), et mettez-les dans un hangar de la taille de deux terrains de football. Et enlevez les paysans, mettez plutôt 18 ouvriers au salaire minimum.


Vous voilà prêts à produire... du lisier ! En effet, tout l’intérêt n’est pas de produire du lait, mais d’alimenter un méthaniseur géant (sur-subventionné) avec les déjections des vaches. D’ailleurs, il vous faudra aussi 3000 ha de terres agricoles, pas pour installer des paysans, mais pour épandre le digestat du méthaniseur.


Et le lait ? Bonne question. Il y en aura beaucoup puisque les vaches seront traites trois fois par jour. Mais il reste tout de même bien moins intéressant que l’énergie produite par le méthaniseur subventionné. On le vendra donc 270 euros la tonne. A quelques mois de la fin des quotas, voilà qui ne réjouit pas vraiment les éleveurs qui s’en sortent tout juste à 350 euros la tonne.


Mais si les 1000 vaches voient le jour, les éleveurs des 75 000 fermes laitières de France devront surtout changer de métier. Il ne faudra plus que 2500 exploitations pour produire la même quantité de lait !


Alors, à la Confédération paysanne, nous avons pris nos responsabilités en stoppant à deux reprises ce projet fou, en interpellant sans relâche les décideurs politiques, en refusant cette industrialisation de notre métier !


Aujourd’hui, nous avons le soutien des éleveurs et de la société. Face à nous, le promoteur du projet, un entrepreneur en BTP converti à l’agriculture industrielle. Avec le pouvoir de l’argent, deux visions s’affrontent.

 

Parce que l'industrialisation de l'agriculture signifiera à terme la fin des paysans. Parce que nous tenons à notre métier, que nous croyons à son avenir. Parce que l’agriculture est une source d’emploi. Parce que les citoyens n'ont pas envie que leur alimentation soit produite dans des usines. Parce que les terres agricoles doivent servir à produire de la nourriture, pas de l’énergie. Parce que les territoires ruraux ont besoin de paysans pour rester vivants. Parce que nous devons être les garants d’un environnement respecté...


La Confédération paysanne a donc, par trois fois, pris la responsabilité de stopper le chantier de la ferme-usine des 1000 vaches, symbole de l'industrialisation de l'agriculture qui pilonne notre métier de toutes parts.


Nous n'avons pas la même vision de l'avenir de l'agriculture que ceux qui nous gouvernent, et nous le faisons apparaître au grand jour. De façon pacifique, nous avons posé des actes pour obtenir des engagements politiques. Mais nous n’avons reçu comme seules réponses... Les menottes et le tribunal !


Le 1er juillet, six militants de la Conf' sont convoqués devant le tribunal d'Amiens. Mais nous ne lâcherons pas ! Il s'agit de nos vies... et des vôtres. Pour peser sur les politiques, dans les mobilisations, et financièrement, nous ne pourrons pas faire face seuls !


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